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14-18 La "Der des Ders" ?




Entre 1918 et 1925, plus de 30000 monuments aux morts s’érigent dans toutes les communes de France (on en comptait à peine une dizaine auparavant) et celle que l’on nommera objectivement plus tard la «Première Guerre mondiale» c’est de «la der des ders» qu’on la qualifiait alors. La dernière des dernières tant l’horreur du massacre était vécue par tous et partout: 1,4 millions de morts, 3 millions de blessés et mutilés pour 8 millions de mobilisés et 40 millions d’habitants. Le prix à payer pour faire s’enflammer le désir de paix définitive et universelle: le pacifisme triomphe.

Il n’y a pas de meilleur exemple de ce pacifisme que le film de Léon Poirier réalisé pour le dixième anniversaire de l’Armistice. Reconstitution grandiose de la bataille de Verdun, disposant des énormes moyens mis à sa disposition par l’Armée (en hommes – notamment des vétérans - et en matériels) et même de la présence de l’un des grands vainqueurs, Philippe Pétain, jouant son propre rôle.

Le film montre la guerre à travers des figures allégoriques – le soldat, l’officier, la femme, le fils, le jeune homme, le mari - qui ont chacune leur incarnation française et allemande. Seule la «mère» est unique: elle est celle de tous.

Près de dix ans plus tard, le pacifisme a perdu de ses couleurs de bienveillance. Le fascisme et le nazisme triomphent en Europe et ne cachent plus leurs désirs bellicistes : il faut sauver la paix.
Jean Renoir se lance dans ce combat avec les armes du réalisme en réunissant dans un camp de détention prisonniers et gardiens, français et allemands, officiers et soldats, aristocrates et prolétaires.
Cet espace clos «permet à des hommes différents de cohabiter (…) et, sinon de s’affranchir de toutes les barrières (sociales, culturelles…) du moins d’aller de l’avant ensemble, prouvant ainsi l’absurdité de la guerre qui les oppose» (Laurent Véray - Historien).

La haine de l’ennemi est déviée sur la guerre elle-même mais pas une once d’antimilitarisme n’affleure dans ces 2 films français.

Dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre,
AVV* présente

CinémaCarte blanche
à la Cinémathèque de Toulouse

Verdun, visions d’Histoire

1928. Léon Poirier. France. 2h40
Noir & blanc. Muet.
Intertitres en français.

Avec : Albert Préjean, Jeanne Marie-Laurent, Suzanne Bianchetti, Hans Brausewetter, Thomy Bourdelle, Pierre Nay, Antonin Artaud.

Pour célébrer le dixième anniversaire de l’Armistice, Léon Poirier reconstitue la bataille de Verdun avec des soldats qui y ont participé et des régiments qui y étaient basés.
Un film épique, d’une grande force émotionnelle où il n’y a pas de personnages mais des figures symboliques : le soldat français, le soldat allemand, la mère, la jeune fille, l’intellectuel… Et c’est d’abord un film pacifiste – non pas «mort aux Boches» mais «mort à la guerre».

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Si l’on ne s’étonne pas d’y rencontrer Albert Préjean (le soldat français), on a la surprise d’y retrouver Antonin Artaud (l’intellectuel).
Accompagné par Hakim Bentchouala – Golobitch, qui interprète au piano la partition originale écrite par André Petiot, Verdun, visions d’Histoire est un film important pour la Cinémathèque de Toulouse et plus largement pour le patrimoine français cinématographique et mémoriel : tourné dix ans après la fin de la Première Guerre mondiale, c’est une reconstitution historique dont certaines séquences de par leur réalisme ont été utilisées comme image d’archives de divers documentaires sur la bataille de Verdun.
C’est aussi un film emblématique des collections de la Cinémathèque pour sa provenance : une copie unique la plus complète, retrouvée au Gosfilmofond de Moscou avec qui la Cinémathèque a tissé une amitié profonde. Cette copie a fait l’objet d’une restauration en 2006, conduite par la Cinémathèque avec le soutien de la Fondation Groupama Gan pour le Cinéma.
Une restauration menée sur la base de la partition musicale originale composée par André Petiot et jouée lors de la première du film à l’Opéra Garnier le 8 novembre 1928. Une partition avec l’ensemble des intertitres du film original qui a servi à juger de l’intégralité et de l’intégrité de cette copie.

Quand la musique accompagne le cinéma, de la restauration d’un film à sa restitution au public…

vendredi 2.II 19h30

La Grande Illusion

1937. Jean Renoir. France. 1h53
Noir & blanc.

Avec : Jean Gabin, Marcel Dalio, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, Dita Parlo, Julien Carette, Gaston Modot, Jean Dasté.
Musique : Joseph Kosma.

Pendant la Première Guerre mondiale, le capitaine Boeldieu et le lieutenant Maréchal sont faits prisonniers au camp Hallbach. Ils font connaissance avec leurs nouveaux «compagnons de chambrée», prisonniers comme eux : Rosenthal, un bourgeois parisien, Cartier, un acteur, et deux autres officiers. Ensemble, ils décident de tout mettre en œuvre pour s’évader, et se mettent à creuser un souterrain. Alors que leur labeur touche à sa fin, ils apprennent qu’ils vont être transférés dans un autre camp…

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La Grande Illusion sortit le 9 juin 1937 en France reçut d'emblée un immense succès critique et commercial.
Malgré ce succès, bien des censures s’exercèrent contre le film. Projeté au Festival de Venise en 1937, le jury n’osa pas lui décerner le Grand Prix (qui alla à Carnet de Bal de Duvivier) et inventa un prix de consolation. Quelques mois plus tard, Mussolini interdisait purement et simplement le film que Goebbels, en Allemagne, se contentera dans un premier temps d’amputer de toutes les scènes où le personnage de Dalio exprime la générosité juive.
En France par contre, lors de la reprise en 1946, le journaliste Georges Altman se déchaînera contre le film qu’il accusera d’antisémitisme. A cette époque de l’immédiate après-guerre, toutes les copies de la Grande illusion qui circulent à travers le monde sont incomplètes, ici et là amputées de scènes différentes, et il faudra attendre 1958 pour que Jean Renoir puisse restaurer enfin la copie dans son intégralité.

samedi 3.II 20h00

Rencontre autour du film

Verdun, visions d’Histoire de Léon Poirier
Animée par Jean-Paul Gorce, ancien directeur de la Cinémathèque de Toulouse.

samedi 3.II 15h00

Les BaratineursProduction AVV*

Lecture de la correspondance du Soldat Romain Caubère

mort au front le 6 octobre 1915

Un témoignage poignant de la vie des soldats dans les tranchées.

Natif d’Arbas, Romain Caubère, soldat au 24ème Régiment d’Infanterie Coloniale échange par courrier du 5 janvier au 4 octobre 1915 avec son frère Moïse resté à Paris.

samedi 3.II 17h00

Programme

ntb

nouveau
théâtre
de Barat
31160 arbas

vendredi 2.II

19h30 ciné

Verdun, visions d’Histoire
de Léon Poirier

22h30

Restauration

Tarifs

Lecture et cinéma Entrée libre
Repas 15€

Boissons non comprises

Le Resto

«Cuisine de maison
à l’humeur du chef et du moment»
Ouvert le soir après chaque film,
les 2 et 3 novembre.
- réservation obligatoire -

Réservations
vivement
conseillées
09.66.80.71.08

samedi 3.II

15h00 ciné

Rencontre autour du film
Verdun,visions d’Histoire

17h00 baratineurs

Lecture
de la correspondance du Soldat Romain Caubère

20h00 ciné

La grande illusion
de Jean Renoir

22h30

Restauration
Et toujours avant et après les spectacles,
la buvette - espace de convivialité et d’échanges

ASSOCIATION VOISINS VOISINES – AVV*
Maison des Associations
Place du Biasc - 31160 ARBAS

Nous écrire : contact@avv-arbas.org

https://festivaldesvoisins.wordpress.com | https://www.facebook.com/FestivaldesVoisins